Abonnement
Gunten-Index

Savant2
Savant3
Savant4
Zeng
MentionsLégales

Jean-René OVONO-MENDAME

Jean-René Ovono Mendame est docteur en «Littérature française générale et comparée et études dramaturgiques» de l’Université Marc-Bloch de Strasbourg, après un DEA «Langues, littératures et cultures contemporaines» à l’Université de Cergy-Pontoise.

Diplômé de l’Ecole de journalisme de Marseille, il est titulaire d’un DESS «Technologies nouvelles, information et communication». Enseignant chercheur à l’Institut Supérieur de Technologie de l’Université Omar Bongo de Libreville et enseignant vacataire chargé des cours de littérature francophone au centre de Linguistique Appliquée de l’Université de Franche-Comté de Besançon. Il consacre sa réflexion aux questions en rapport avec la modernité.


Livres

Le savant inutile - L2 - entre ombre et lumière

Jean-René Ovono-Mendame

Le savant inutile - L3 - de l'ombre à la lumière

Jean-René Ovono-Mendame

Le savant inutile - L4 - le triomphe

Jean-René Ovono-Mendame

Le disque dur de Pierre-Claver Zeng

Paroles, rythmes et symboles

Cet ouvrage sur la poésie musicale de Pierre Claver Zeng, une des icônes de la chanson gabonaise, auteur compositeur, concertiste et homme politique, est le fruit d’un travail de plusieurs années de collaboration avec l’artiste. L’auteur y décortique les ambiguïtés, les métaphores et les symboles de la parole du poète musicien. Parole surréaliste, énigmatique, qui anime une musique polyphonique, habile synthèse de tradition et modernité. Que signifient, entre autres, « Bibulu », « Mvone Bulu », « Essi-ngang », « Ntoum » etc ? L’écriture est belle, la langue pure et sans circonlocutions unissant philosophie et traditions séculaires.


Cet essai de Jean-René OVONO est un vrai trésor culturel et pédagogique.

Yéno, le jeune héros, se confronte aux réalités locales surréalistes de Bilabaville au terme d’un parcours universitaire remarquable en Occident. Après un long chômage, il est recruté dans un service sans lien avec ses qualifications et affecté insidieusement dans une lointaine localité rurale.

Là-bas, faute d’occupation professionnelle, le jumeau passe son temps à chasser, à pêcher, à casser des noix de palme pour en extraire l’huile rouge et d’amande. Enfant de pauvre, Yéno ne semble pas au bout de ses peines. Comment sortir de cet abîme sur un morceau de terre où le diplôme est perçu comme une tare ?

Yéno affronte une des plus redoutables épreuves de son parcours : l’audience avec Magombet, un des Parvenus Je m’en-fichistes de Bilabavillle, qui doit décider de son destin. Un interrogatoire cynique, une scène pathétique, une tragi-comédie, dans un décor ubuesque qui confond réalité et fiction.


— Oui, monsieur le ministre. Trop dure comme activité : le soleil, la pluie, les insectes, les reptiles qui se nichent dans des lacis de branches etc. […] J’ai pris un coup de vieillesse anticipée à force de m’exposer au soleil. Mes congénères sont deux fois plus jeunes…


— Bah, c’est comme ça la vie, mon petit ! Il y a des vieux qui paraissent jeunes, et des jeunes qui paraissent vieux. Des morts qui reviennent chez les vivants, et des vivants qui s’en vont chez les morts...

Yéno ne semble pas être au bout de ses peines. La recherche du travail, véritable parcours du combattant, lui fait découvrir le visage jusque-là insoupçonné de Bilabaville. Le morceau de terre lui apparaît comme un monstre où l’hydre de tous les maux de l’humaine condition se niche dans des segments de lobbys, des empires opaques qui dictent la loi à la masse populaire réifiée. La tentation de la facilité et les dérives multiformes qui y ont cours mettent à rude épreuve sa culture des valeurs. A l’issue de ce duel épique qui consacre la victoire du bien sur le mal, Yéno, enfin récompensé par la Providence, décide de « cultiver son jardin » à la fois pour son bonheur et celui des autres.